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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 10:39

 

Jean-Marie Le Pen président ! L'Europe fait des miracles… ou des cauchemars !

 

jmlp-parlementJean-Marie Le Pen (JMLP) présidant la session inaugurale du parlement européen du 7 juin 2009… Outre le fait que je trouve assez savoureuse l'image de cet anti-européen présidant cette assemblée, je reconnais que ça m'indiffère un peu… Aussi malheureuses ou déplacées que soient les prises de position de ce politicien, la réaction que suscite cette situation parmi les députés européens me semble malsaine.

 

En effet, afin d'éviter d'être pour quelques heures sous l'autorité très théorique de ce probable doyen de la future législature européenne, une majorité de député serait prête à modifier le règlement intérieur de cette assemblée pour faire barrage…

 

Je trouve la manœuvre hasardeuse, voir dangereuse.

 

1- Il s'agit d'une manœuvre basée sur 2 présupposés, ce qui la rend hasardeuse.

 

1° JMLP doit être réélu député européen à l'occasion du prochain scrutin. Ca doit lui mettre du baume au cœur de savoir que ses confrères députés européens ont foi en sa réélection.

 

2° Aucun autre député plus âgé n'est en situation d'être élu à l'échelle européenne. Quelque part, c'est rassurant pour nous car on peut se dire qu'à part cette exception lepéniste, tous les autres députés devraient avoir moins de 80 ans…

 

2- Il s'agit d'une manœuvre dangereuse.

 

1° Quels que soient les idéaux ou déclarations de JMLP, il est député européen. Que cela plaise ou non. Cela veut dire qu'il est représentatif de gens qui ont voté pour lui. Outre le mépris que les autres députés européens témoignent à ces gens, il s'agit d'une mesure d'exclusion qui permet encore plus à l'intéressé et à ses partisans de radicaliser leur cause et de montrer à quel point, de leur point de vue, l'Union européenne est une instance dangereuse pour la liberté d'expression et la souveraineté des peuples.

 

2° Certains en font une question de principe, moi non. Par les temps qui courent, la crise financière, le chômage en augmentation, l'instabilité politique dans certains pays (parmi lesquels certains pays de l'Union…), que les députés européens soient "présidés" pendant une poignée d'heures par JMLP ne me semble pas être d'une importance vitale. Et penser que pour cette  simple situation liée à un contexte très temporaire non encore avéré, cette haute assemblée pense à changer son règlement intérieur vise la provocation. On connaît déjà la propension du Parlement européen à réglementer sur la taille du concombre ou sur le flot de subvention qu'il déverse à tour de bras sans aucun contrôle efficace… Alors si faire la nique à JMLP est la dernière trouvaille que les députés européens ont trouvé pour occuper leur temps et gâcher l'argent des contribuables, qu'ils le fassent. Mais, d'une part, on ne pourra pas reprocher au quidam européen de rester sceptique face à l'utilité de ces députés qui ne sont déjà pas très populaires en France. jmlp-EUEt, d'autre part, je reste perplexe devant la vivacité de certains à vouloir modifier les règles du jeu européen uniquement parce que la partie ne se déroule pas exactement comme ils le voulaient. Qui sera donc le président de cette session inaugurale : le plus jeune député (les autres vont en bouffer leur cravate !), celui qui a le plus de cheveux ou le tour de taille le plus grand, celui qui a le plus de dent, celui qui aura été élu avec le meilleur score dans la plus pure tradition des démocraties "populaires"… NON, le critère d'âge vaut bien n'importe quel autre, c'est celui qui a été choisi voici bien des années, alors il faut rester constant et montrer que les institutions européennes sont solides et non versatiles et malléables à merci. Sinon, quelle confiance leur accorder…

 

Il ne s'agit pas de défendre l'indéfendable.

 

Ne voir aucun soutien à des idéaux ou des procédés dans lesquels je ne me reconnais pas. Mais je pense qu'il faut aborder les choses avec pragmatisme, et non une ostentatoire simplicité d'esprit, et plutôt que de s'offusquer et de se fâcher tout rouge par ce qu'ils risques d'être sous l'éphémère présidence de JMLP, à tous ces politiciens de nous convaincre qu'ils valent mieux et qu'ils ont une alternative réaliste et séduisante à nous offrir.

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 23:28

 

don-organesLe message est simple : pour moi c'est oui ! Une fois parti, plus rien ne me servira. Alors, si ça peut servir à quelqu'un…

 

Dire oui, ce n'est pas précipiter sa propre mort, c'est plutôt repousser celle d'un autre.

 

Pour toutes les infos, voyez : http://www.france-adot.org

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2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 23:52


Bagration-David-AnneQuand l'amour a rendez-vous avec la raison

 

Le 8 février 2009, David Bagration-Mukhrani et Anne Bagration-Gruzinsky ont convolé en de joyeuses noces à Tbilissi, capitale de la Géorgie.

 

La belle affaire me direz-vous. Mais aussi anodine que cette information puisse paraître pour le reste de l'humanité, elle n'est pas sans intérêt tant pour les Géorgiens que pour les monarchistes de tout poil.

 

Vous avez dit "Bagration" ?

 

Le nom même de "Bagration" n'évoque peut-être plus grand chose pour le public non averti. Il se trouve que ce nom est pourtant celui de l'une des plus vieilles dynasties de la planète !

 

Les Bagrations ont régné sur le Caucase du VIIIème au XIXème siècle, sur divers Etats qui se sont succédés ou ont coexistés. Au gré des regroupements ou divisions des populations du Caucase, les Bagrations ont étendu leur emprise sur les différents états géorgiens, et ont régné sur le premier royaume de Géorgie (1008-1490). En 1490, cet Etat se désintègre et laisse place aux trois royaumes d'Iméréthie, de Karthli et de Kakhétie dirigés par des branches distinctes de la famille.

 

Trois siècles plus tard, en 1712, Teimouraz de Kakhétie épouse Thamar de Karthli. En 1744, dans le contexte troublé de l'occupation du Caucase par les armées du Shah de Perse, Teimouraz, déjà roi de Kakhétie depuis 1732, devient également roi de Karthli avec son épouse qui devient reine sous le nom de Thamar II. Après quelques pérégrinations, leur fils Héraclius II (1721-1798) réunit donc ces deux couronnes (Kakhétie 1744, Karthli 1762), restaurant ainsi le royaume de Géorgie.

 

Georges XII (1746-1800), fils de Héraclius II, fut le dernier roi de Géorgie (1798-1800).

 

L'imbroglio dynastique et les prétendants 

 

Lorsque la Géorgie fut annexée par l'Empire Russe (1800), les tsars intégrèrent la famille royale et les principales familles nobles de Géorgie dans la noblesse russe.

 

Les descendants de Georges XII reçurent le titre de princes Gruzinsky. Après extinction des deux branches ainées (celle du régent David et celle du prince Jean [Ioan]), la prétention Gruzinsky au trône de Géorgie passa à la 3ème branche (issue du prince Bagrat). Le prétendant Gruzinsky actuel est le prince Nugzar, père d'Anne, la jeune épousée.

 

Cependant, comme rien n'est simple dans les montagnes caucasiennes, l'accession au trône de la reine Thamar II de Karthli s'était faite au détriment de la descendance de Bakar I, frère ainé de la reine. Ainsi, dès 1744, une ligne de prétendants au trône de Karthli disputa-t-elle ce trône, puis le trône de Géorgie, à la ligne royale officielle. Elle fut qualifiée de "légitimiste" car elle ne reconnaissait pas la succession par les femmes et ne donnait de légitimité qu'à la descendance masculine du roi Vakhtang I, père de Bakar I et de Thamar II. A l'extinction de la branche ainée de la maison de Karthli, la branche cadette titrée "princes de Mukhran" reprit la prétention au trône de Géorgie.

 

Le prétendant Mukhrani, le prince David, le jeune épousé, est donc l'ainé de la famille Bagration depuis la disparition de son père, le prince Bagration-Mukhrani Georges (XIV), en 2008. 

  

Pourquoi ce mariage est-il important pour la Géorgie ? 

 

Ce mariage vient sceller la réconciliation entre les deux branches prétendantes au trône de Géorgie. La postérité de cette union sera indiscutablement héritière des deux lignes et des deux modes de succession :

- "légitimiste" des Bagration-Mukhrani, puisque constituant la branche ainée de toute la dynastie,

- "traditionnaliste" des Bagration-Gruzinsky, puisque reconnaissant la succession traditionnelle au trône de Géorgie via la reine Thamar II et la princesse Anne.

 

Ce mariage donne donc un nouvel élan à la cause monarchiste en Géorgie car elle permet d'aborder l'avenir en un front uni.

 

Et l'avenir de la monarchie géorgienne n'est pas qu'une vue de l'esprit.

 

L'euphorie de l'indépendance de 1991 a été singulièrement tempérée par l'exercice de la démocratie dans la nouvelle république. En effet, les présidents Gamsakhourdia, Chevarnadzé et Saakachvili furent tour à tour porteur d'espoir au moment de leur élection, mais ils ne parvinrent pas à imposer un modèle de gouvernement satisfaisant, jugé ou trop autoritaire ou corrompu.

 

Ainsi, à l'occasion de la crise politique de 2007, le chef de l'Eglise orthodoxe géorgienne, le patriarche Ilias II, prit-il officiellement position pour la monarchie. Certains partis d'opposition portèrent le débat au parlement, sans qu'il ne soit cependant officiellement débattu.

 

La guerre de l'été 2008 contre la Russie a occulté le débat, mais le mariage en grandes pompes de David et Anne Bagration vient de le remettre sur le devant de la scène.

 

Bien sur, ce n'est pas un mariage, ni même une hypothétique restauration royale qui feront disparaître d'un coup de baguette magique les difficultés politiques et économiques de la Géorgie. Cependant, la réflexion qui entoure ce débat doit permettre au peuple géorgien de redécouvrir son histoire, de se réapproprier son âme et d'envisager un avenir constructif et rénové.

 

Pourquoi ce mariage est-il important hors de Géorgie ? 

 

Il est réconfortant, en ce début de XXIème siècle, qu'un peuple se pose la question du retour de son roi.

 

Tout d'abord, parce qu'il voit dans ce mode de gouvernement un renforcement du système démocratique qui lui a maqué si longtemps. Puis parce qu'il ne constitue pas un retour un arrière, mais bien un accompagnement du futur tout en renouant avec le cadre séculaire de la construction de ce peuple.

 

L'exemple géorgien est donc là pour montrer qu'il ne faut pas s'interdire de réver, et que ce rêve n'a rien de déraisonnable.

 

 

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